Cette année j’ai décidé  de prendre mes vacances dans mon quartier, le Pont de Beraud.

Alors, promeneuse solitaire, je me balade  le nez au vent et les yeux aux aguets à la recherche de quelque chose d’insolite qui pourrait nourrir mes gamberges d’été !

Les noms de rue me fascinent : comment les choisit-on ? Pour quelle raison ?

Il y en a qui précisent des lieux, comme par exemple le Lavoir de Grande Mère, la Bastide des Cyprès, le Cours des Arts et Métiers ou l’impasse du gallet cantant.

D ’autres honorent des célébrités du quartier telles les avenues Émile Zola, l’écrivain ou Jean et Marcel Fontenaille résistants, l’un mort en déportation en 1943 et le fils fusillé en 1944.

Ainsi, en descendant l’ av. Fontenaille vers l’avenue Ste Victoire, montagne symbole absolu du quartier, je découvre à un carrefour le nom de deux hommes célèbres, qui pourtant ne me semblaient pas de notre contrée !

Que viennent faire ici l’illustre Pétrarque, poète célèbre et le non moins connu Nostradamus ?

Deux petits bouts de rue pour des hommes dont la renommée a traversé les siècles : grandeur et décadence !

Le passant pressé, quand son œil accroche le nom de Nostradamus ne se pose pas longtemps de questions.

Moi, qui me promène, je me dis que notre magicien  de Salon non seulement n’avait pas guéri les Aixois de la peste en 1556, mais ni prévu le Coronavirus d’aujourd’hui comme le racontent les modernes adorateurs de Facebook, ni  imaginé  non plus les embouteillages de ce diable de carrefour dans les années 2000.

 L’injustice de la postérité qui ne donne pas toujours aux grands hommes la place qui leur est due l’a placé

 ici  dans ce carrefour embouteillé du matin au soir, mais heureusement à proximité du havre de paix et de verdure qu’est le parc Rambot.

Le cas de Pétrarque m’attriste davantage ! Ce poète tout en finesse et en délicatesse se trouve cloué contre le mur d’un affreux transformateur, d’une laideur toute industrielle.

 « Chiare, fresche et dolci acque »ainsi commence un de ses  plus beaux poèmes, qui évoque la rencontre au bord de la Sorgue, du poète avec la femme aimée, Laura.

Transparence des eaux limpides, murmure des eaux vives, nature charmante couverte d’arbres et de fleurs, tout était propice à l’inspiration du Poète et de tous ceux, surtout les romantiques, qui lui  succédèrent.

Retrouver son nom attaché à un lieu dont la laideur est à la hauteur du bruit insupportable qui accable les voisins me consterne, et je me demande comment un lieu aussi disgracieux et nuisible a pu accueillir le nom de ce poète.

Sic transit gloria mundi : Ainsi passe la gloire du monde disait-on dans le temps !

Mes nombreuses interrogations n’ayant pas encore trouvé de réponse,  je vais donc  continuer ma flânerie !

                                                                JL                                                         

 Si vous rêvez aussi,  envoyez-nous vos gamberges,  nous les publierons sur le site

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